Do Not Be Afraid
“Freedom from fear springs from a growing consciousness: the awareness of being loved, sheltered, and sustained by Someone greater than anything that frightens us.”
Julián Carrón - Do not be afraid. Jesus doesn't offer a training regimen. He offers a Father who counts your hairs.
It is striking how Jesus manages to speak directly to the human heart. Who wouldn't want to live without fear? Who wouldn't want to be free from fear of other people and their judgment, free from circumstances, free from the worries that crowd our minds first thing in the morning and make life feel heavy from the moment we wake up?
But who, looking honestly at the human situation, would ever have dared to say: "Do not be afraid"?
We often hear these words of Jesus with a certain skepticism, in the spirit of Don Abbondio: "Courage — if you don't have it, you can't just give it to yourself." As if Jesus were a well-meaning dreamer offering us things we all want but deep down consider out of reach. Who can live without fear in a world increasingly shaped by insecurity, by the judgment of others, by the uncertainty of circumstances?
And yet, today we meet someone who addresses each of us and says: "Do not be afraid of people […]. Do not be afraid of those who kill the body but cannot kill the soul."
Where does this certainty of Jesus come from?
He is not offering us a training program to build up courage — because, as Don Abbondio says, we can't manufacture it ourselves. It is not a matter of temperament, energy, or performance. Jesus chooses seemingly insignificant examples — ones we would barely give a second thought — to challenge our skepticism: sparrows and hairs.
"Are not two sparrows sold for a penny? Yet not one of them will fall to the ground apart from your Father."
Jesus has a way of looking at reality that never loses sight of the One who sustains it: the Father. A gaze that does not take for granted what we, on the other hand, always take for granted — as if sparrows didn't fall, as if things simply carried on by themselves, almost by inertia. It is precisely this realistic, clear-eyed, and anything-but-illusory gaze that allows Jesus to say with full conviction: "Do not be afraid; you are worth more than many sparrows!"
And he continues, with a tenderness that catches us off guard: "Even the hairs of your head are all counted."
With this gaze upon us — upon our hair, our fragility, our days — Jesus tells us it is possible to live life with a new consciousness. We are not alone; we are not abandoned to our own powerlessness or to the power of other people.
It is a matter of consciousness, not of strength.
Anyone who refuses to live in submission to the power of others and to their own fears faces a question: How can we develop within ourselves the consciousness that Jesus had? It is not a matter of energy. It is not a matter of temperament. It is not a matter of circumstances or challenges. It is a matter of self-awareness. As Fr. Giussani always taught us with great clarity: "A person's strength lies in the intensity of their self-awareness."
What a liberation for those who begin to live with this awareness: they are not alone in the face of everything they must face, but are rooted in the care of a Father. A Father who counts my hairs, who knows that I am worth more than many sparrows, who knows me by name.
This is the experience that runs through the whole history of salvation, as we have seen in the readings.
Jeremiah, in the first reading, knows fear well: "I heard the slander of many […]. All my friends were waiting for me to fall." Yet there is something that sustains him: "The Lord is at my side like a mighty warrior." His certainty does not rest in his own strength but in the fact that, as he says, "to you I have entrusted my cause!" That is where everything rests — not in revenge, not in one's own capacity to resist, but in entrusting oneself to Someone else.
Paul, in the second reading, gives us the deepest key: if through the fall of one man, Adam, evil entered the world, how much more through the victory of one man, Jesus Christ, has grace overflowed. "Through the fall of one man, all died; much more so, the grace of God and the gift granted by grace through the one man, Jesus Christ, have been poured out in abundance upon all." God's logic is always one of excess, always beyond every expectation of ours.
"Do not be afraid," then, is not an empty slogan for the naive. It is not the optimism of someone who doesn't know life. It is the certainty of those who know that there is a Father who watches over us, counts our hairs, and knows us by name.
Freedom from fear is not achieved by removing problems, changing circumstances, or eliminating risks. It springs from a growing consciousness: the awareness of being loved, sheltered, and sustained by Someone greater than anything that frightens us.
Jesus wants to share with us the same freedom that was his — a freedom that does not depend on what people may or may not do, even the powerful, but on what the Father has already done and continues to do for each of us.
"Do not be afraid; you are worth more than many sparrows!" Only those who open themselves to this possibility and test it for themselves will be persuaded by the weight of these words — through the experience of liberation from fear that surprises them from within.
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N’ayez pas peur
Julián Carrón
Il est étonnant de voir à quel point Jésus parvient à parler directement au cœur de l’homme. Qui ne voudrait pas vivre sans peur ? Qui ne voudrait pas être libéré de la peur des autres et de leur jugement, des circonstances, des soucis qui envahissent souvent notre esprit dès le matin, alourdissant notre vie dès le réveil ?
Mais qui, conscient de notre situation, aurait jamais osé dire : « N’ayez pas peur » ?
Souvent, nous entendons ces paroles de Jésus avec un certain scepticisme, à la manière de Don Abbondio : « Le courage, ça, si on ne l’a pas, on ne peut pas se le donner ». Comme si Jésus était un rêveur qui nous proposait des choses que nous désirons tous, mais que nous considérons au fond comme inaccessibles. Qui peut vivre sans crainte dans un monde de plus en plus marqué par l’insécurité, le jugement des autres, l’incertitude des circonstances ?
Et pourtant, aujourd’hui, nous rencontrons quelqu’un qui s’adresse à chacun d’entre nous et nous dit : « N’ayez pas peur des hommes […]. N’ayez pas peur de ceux qui tuent le corps, mais qui n’ont pas le pouvoir de tuer l’âme ».
Sur quoi repose cette certitude de Jésus ?
Il ne nous propose pas un entraînement pour acquérir du courage, car, comme le dit don Abbondio, nous ne pouvons pas nous le donner nous-mêmes. Ce n’est pas une question de tempérament, d’énergie ou de performance. Jésus choisit des exemples apparemment insignifiants, auxquels on n’accorderait presque aucune valeur, pour défier notre scepticisme : les moineaux et les cheveux.
« Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Et pourtant, pas un seul d’entre eux ne tombera à terre sans la volonté de votre Père. »
Jésus porte un regard sur la réalité qui ne perd jamais de vue Celui qui la soutient : le Père. Un regard qui ne tient pas pour acquis ce que nous, au contraire, tenons toujours pour acquis : comme si les moineaux ne tombaient pas et que les choses suivaient leur cours d’elles-mêmes, presque par inertie. C’est grâce à ce regard réaliste, lucide et tout sauf illusoire que Jésus peut affirmer avec une pleine conviction : « N’ayez pas peur, vous valez plus que bien des moineaux ! »
Et il poursuit, avec une tendresse surprenante : « Même les cheveux de votre tête sont tous comptés. »
Avec ce regard posé sur nous, sur nos cheveux, sur nos fragilités, sur nos jours, Jésus nous dit qu’il est possible de vivre la vie avec une conscience nouvelle. Nous ne sommes pas seuls, nous ne sommes pas livrés à notre impuissance ni au pouvoir des hommes.
C’est une question de conscience, pas de force.
Celui qui ne veut pas vivre soumis au pouvoir des hommes et à ses propres peurs se trouve confronté à une question : comment pouvons-nous développer en nous la conscience qu’avait Jésus ? Ce n’est pas une question d’énergie. Ce n’est pas un problème de tempérament. Ce n’est pas un problème de circonstances ou de défis à relever. C’est un problème de conscience de soi. Comme don Giussani nous l’a toujours enseigné avec une grande lucidité : « La force d’un sujet réside dans l’intensité de sa conscience de soi ».
Quelle libération pour celui qui commence à vivre avec cette prise de conscience : il n’est pas seul face à tout ce qu’il doit affronter, mais il est enraciné dans la sollicitude d’un Père. Un Père qui compte mes cheveux, qui sait que je vaux plus que de nombreux moineaux et qui me connaît par mon nom.
Telle est l’expérience qui traverse toute l’histoire du salut, comme nous l’avons vu dans les lectures.
Jérémie, dans la première lecture, connaît bien la peur : « J’entendais les calomnies de beaucoup […]. Tous mes amis attendaient ma chute ». Et pourtant, il y a quelque chose qui le soutient : « Le Seigneur est à mes côtés comme un vaillant guerrier ». Sa certitude ne réside pas dans sa propre force, mais dans le fait que, comme il le dit : « C’est à toi que j’ai confié ma cause ! ». C’est là que tout repose. Non pas dans la vengeance ni dans sa propre capacité à résister, mais dans le fait de se confier à Quelqu’un d’autre.
Paul, dans la deuxième lecture, nous offre la clé d’interprétation la plus profonde : si, par la chute d’un seul homme, Adam, le mal est entré dans le monde, à combien plus forte raison, par la victoire d’un seul homme, Jésus-Christ, la grâce a-t-elle surabondé. « Si par la chute d’un seul, tous sont morts, à combien plus forte raison la grâce de Dieu et le don accordé par la grâce d’un seul homme, Jésus-Christ, se sont-ils répandus en abondance sur tous. » La logique de Dieu est toujours un excès, toujours au-delà de toutes nos attentes.
« N’ayez pas peur », donc, n’est pas un slogan creux, destiné aux naïfs. Ce n’est pas l’optimisme de ceux qui ne connaissent pas la vie. C’est la certitude de ceux qui savent qu’il y a un Père qui veille sur nous, qui compte nos cheveux et nous connaît par notre nom.
La liberté face à la peur ne s’obtient pas en supprimant les problèmes, en changeant les circonstances ou en éliminant les risques. Elle naît d’une conscience qui grandit : la prise de conscience d’être aimés, protégés et soutenus par Quelqu’un de plus grand que tout ce qui nous effraie.
Jésus veut partager avec nous la même liberté que la sienne. Une liberté qui ne dépend pas de ce que les hommes peuvent faire ou ne pas faire, même les plus puissants, mais de ce que le Père a déjà fait et continue de faire pour chacun de nous.
« N’ayez pas peur, vous valez plus que bien des moineaux ! ». Seul celui qui s’ouvre à cette possibilité et en fait l’expérience pourra être convaincu de la portée de ces paroles, grâce à l’expérience de la libération de la peur qui le surprend en lui-même.
XIIe dimanche du temps ordinaire – Année A
Notes tirées de l’homélie de don Julián Carrón
21 juin 2026
(Première lecture : Jr 20, 10-13 ; Psaume 68 (69) ; Deuxième lecture : Rm 5, 12-15 ; Évangile : Mt 10, 26-33)
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Non abbiate paura
Julián Carrón
È sorprendente come Gesù riesca a parlare direttamente al cuore dell'uomo. Chi non vorrebbe vivere senza paura? Chi non vorrebbe essere libero dalla paura degli altri e del loro giudizio, dalle circostanze, dalle preoccupazioni che spesso affollano la nostra mente già dal mattino, rendendo la vita pesante fin dal primo risveglio?
Ma chi, riconoscendo questa nostra situazione, avrebbe mai osato dire: «Non abbiate paura»?
Spesso sentiamo queste parole di Gesù con un certo scetticismo, alla don Abbondio: «Il coraggio, uno, se non ce l'ha, mica se lo può dare». Come se Gesù fosse un illuso che ci propone cose che tutti desideriamo, ma che in fondo riteniamo irraggiungibili. Chi può vivere senza paura in un mondo sempre più segnato dall'insicurezza, dal giudizio degli altri, dall'incertezza delle circostanze?
Eppure, oggi ci imbattiamo in qualcuno che si rivolge a ciascuno di noi e ci dice: «Non abbiate paura degli uomini [...]. Non abbiate paura di quelli che uccidono il corpo, ma non hanno il potere di uccidere l'anima».
Dove poggia questa certezza di Gesù?
Lui non ci propone un allenamento per acquisire coraggio, perché come dice don Abbondio non ce lo possiamo dare da soli. Non si tratta di una questione di temperamento, di energia o di performance. Gesù sceglie esempi apparentemente insignificanti, a cui quasi non si darebbe valore, per sfidare il nostro scetticismo: i passeri e i capelli.
«Due passeri non si vendono forse per un soldo? Eppure nemmeno uno di essi cadrà a terra senza il volere del Padre vostro».
Gesù ha uno sguardo sulla realtà che non perde mai di vista Colui che la sostiene: il Padre. Uno sguardo che non dà per scontato ciò che noi, invece, diamo per scontato sempre: come se i passeri non cadessero e le cose andassero avanti da sole, quasi per inerzia. È grazie a questo sguardo realistico, lucido e tutt'altro che illusorio che Gesù può affermare con piena convinzione: «Non abbiate paura, voi valete più di molti passeri!»
E continua, con una tenerezza sorprendente: «Perfino i capelli del vostro capo sono tutti contati».
Con questo sguardo su di noi, sui nostri capelli, sulle nostre fragilità, sui nostri giorni, Gesù ci dice che è possibile vivere la vita con una coscienza nuova. Non siamo da soli, non siamo abbandonati alla nostra impotenza o al potere degli uomini.
È una questione di coscienza, non di forza.
Chi non vuole vivere sottomesso al potere degli uomini e alle proprie paure, si trova di fronte a una domanda: come possiamo sviluppare in noi la coscienza che aveva Gesù? Non si tratta di una questione di energia. Non è un problema di temperamento. Non si tratta di un problema di circostanze o di sfide da affrontare. È un problema di autocoscienza. Come ci ha sempre insegnato don Giussani con grande lucidità: «La forza di un soggetto sta nell'intensità della sua autocoscienza».
Che liberazione per chi comincia a vivere con questa consapevolezza: non è da solo di fronte a tutto ciò che deve affrontare, ma è radicato nella premura di un Padre. Un Padre che conta i miei capelli, che sa che valgo più di molti passeri e che mi conosce per nome.
Questa è l'esperienza che attraversa tutta la storia della salvezza, come abbiamo visto nelle letture.
Geremia, nella prima lettura, conosce bene la paura: «Sentivo la calunnia di molti [...]. Tutti i miei amici aspettavano la mia caduta». Eppure, c'è qualcosa che lo sostiene: «Il Signore è al mio fianco come un prode valoroso». La sua certezza non risiede nella propria forza, ma nel fatto che, come dice, «a te ho affidato la mia causa!». È lì che poggia tutto. Non nella vendetta né nella propria capacità di resistere, ma nell'affidarsi a Qualcun altro.
Paolo, nella seconda lettura, ci offre la chiave di lettura più profonda: se con la caduta di un solo uomo, Adamo, il male è entrato nel mondo, quanto più con la vittoria di un solo uomo, Gesù Cristo, la grazia ha sovrabbondato. «Per la caduta di uno solo tutti morirono, molto di più la grazia di Dio e il dono concesso in grazia del solo uomo, Gesù Cristo, si sono riversati in abbondanza su tutti». La logica di Dio è sempre un eccesso, sempre oltre ogni nostra aspettativa.
«Non abbiate paura», dunque, non è uno slogan vuoto, per ingenui. Non è l'ottimismo di chi non conosce la vita. È la certezza di chi sa che c'è un Padre che ci guarda, che conta i nostri capelli, e ci conosce per nome.
La libertà dalla paura non si ottiene rimuovendo i problemi, cambiando le circostanze o eliminando i rischi. Nasce da una coscienza che cresce: la consapevolezza di essere amati, custoditi e sostenuti da Qualcuno più grande di tutto ciò che ci spaventa.
Gesù vuole condividere con noi la stessa libertà che era la sua. Una libertà che non dipende da ciò che gli uomini possono fare o non fare, anche quelli potenti, ma da ciò che il Padre ha già fatto e continua a fare per ciascuno di noi.
«Non abbiate paura, voi valete più di molti passeri!». Solo chi si apre a questa possibilità e la verifica potrà essere persuaso della portata di queste parole, grazie all'esperienza di liberazione dalla paura che sorprende in sé.
XII Domenica del Tempo Ordinario - Anno A
Appunti dall'omelia di don Julián Carrón
21 giugno 2026
(Prima lettura: Ger 20,10-13; Salmo 68 (69); Seconda lettura: Rm 5,12-15; Vangelo: Mt 10,26-33)
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No tengáis miedo
Julián Carrón
Es sorprendente cómo Jesús consigue hablar directamente al corazón del hombre. ¿Quién no querría vivir sin miedo? ¿Quién no querría liberarse del miedo a los demás y a su juicio, de las circunstancias, de las preocupaciones que a menudo abarrotan nuestra mente ya desde por la mañana, haciendo que la vida resulte pesada desde el primer despertar?
Pero ¿quién, al reconocer nuestra situación, se habría atrevido jamás a decir: «No tengáis miedo»?
A menudo escuchamos estas palabras de Jesús con cierto escepticismo, al estilo de don Abbondio: «El valor, si uno no lo tiene, no se lo puede dar». Como si Jesús fuera un iluso que nos propone cosas que todos deseamos, pero que, en el fondo, consideramos inalcanzables. ¿Quién puede vivir sin miedo en un mundo cada vez más marcado por la inseguridad, por el juicio de los demás, por la incertidumbre de las circunstancias?
Y, sin embargo, hoy nos encontramos con alguien que se dirige a cada uno de nosotros y nos dice: «No tengáis miedo de los hombres […]. No tengáis miedo de aquellos que matan el cuerpo, pero no tienen poder para matar el alma».
¿En qué se basa esta certeza de Jesús?
Él no nos propone un entrenamiento para adquirir valor, porque, como dice don Abbondio, no podemos dárnoslo por nosotros mismos. No se trata de una cuestión de temperamento, de energía o de rendimiento. Jesús elige ejemplos aparentemente insignificantes, a los que casi no se les daría valor, para desafiar nuestro escepticismo: los gorriones y los cabellos.
«¿Acaso no se venden dos gorriones por un céntimo? Y, sin embargo, ni uno solo de ellos caerá al suelo sin la voluntad de vuestro Padre».
Jesús tiene una mirada sobre la realidad que nunca pierde de vista a Aquel que la sostiene: el Padre. Una mirada que no da por sentado lo que nosotros, en cambio, siempre damos por sentado: como si los gorriones no cayeran y las cosas siguieran su curso por sí solas, casi por inercia. Es gracias a esta mirada realista, lúcida y nada ilusoria que Jesús puede afirmar con plena convicción: «¡No temáis, vosotros valéis más que muchos gorriones!».
Y continúa, con una ternura sorprendente: «Hasta los cabellos de vuestra cabeza están todos contados».
Con esta mirada sobre nosotros, sobre nuestros cabellos, sobre nuestras fragilidades, sobre nuestros días, Jesús nos dice que es posible vivir la vida con una nueva conciencia. No estamos solos, no estamos abandonados a nuestra impotencia ni al poder de los hombres.
Es una cuestión de conciencia, no de fuerza.
Quien no quiera vivir sometido al poder de los hombres y a sus propios miedos, se enfrenta a una pregunta: ¿cómo podemos desarrollar en nosotros la conciencia que tenía Jesús? No es una cuestión de energía. No es un problema de temperamento. No se trata de un problema de circunstancias o de retos que afrontar. Es un problema de autoconciencia. Como siempre nos enseñó don Giussani con gran lucidez: «La fuerza de un sujeto reside en la intensidad de su autoconciencia».
Qué liberación para quien empieza a vivir con esta conciencia: no está solo ante todo lo que debe afrontar, sino que está arraigado en el cuidado de un Padre. Un Padre que cuenta mis cabellos, que sabe que valgo más que muchos gorriones y que me conoce por mi nombre.
Esta es la experiencia que recorre toda la historia de la salvación, como hemos visto en las lecturas.
Jeremías, en la primera lectura, conoce bien el miedo: «Oía la calumnia de muchos [...]. Todos mis amigos esperaban mi caída». Sin embargo, hay algo que le sostiene: «El Señor está a mi lado como un valiente guerrero». Su certeza no reside en su propia fuerza, sino en el hecho de que, como dice, «¡a ti he confiado mi causa!». Ahí es donde se apoya todo. No en la venganza ni en su propia capacidad de resistir, sino en confiar en Alguien más.
Pablo, en la segunda lectura, nos ofrece la clave de interpretación más profunda: si con la caída de un solo hombre, Adán, entró el mal en el mundo, cuánto más con la victoria de un solo hombre, Jesucristo, ha sobreabundado la gracia. «Por la caída de uno solo todos murieron; mucho más, la gracia de Dios y el don concedido por gracia de un solo hombre, Jesucristo, se han derramado en abundancia sobre todos». La lógica de Dios es siempre un exceso, siempre más allá de todas nuestras expectativas.
«No tengáis miedo», por tanto, no es un eslogan vacío, para ingenuos. No es el optimismo de quien no conoce la vida. Es la certeza de quien sabe que hay un Padre que nos mira, que cuenta nuestros cabellos y nos conoce por nuestro nombre.
La libertad frente al miedo no se consigue eliminando los problemas, cambiando las circunstancias o suprimiendo los riesgos. Nace de una conciencia que crece: la certeza de ser amados, protegidos y sostenidos por Alguien más grande que todo lo que nos asusta.
Jesús quiere compartir con nosotros la misma libertad que era la suya. Una libertad que no depende de lo que los hombres puedan hacer o dejar de hacer, ni siquiera los poderosos, sino de lo que el Padre ya ha hecho y sigue haciendo por cada uno de nosotros.
«¡No tengáis miedo, vosotros valéis más que muchos gorriones!». Solo quien se abra a esta posibilidad y la compruebe podrá convencerse del alcance de estas palabras, gracias a la experiencia de liberación del miedo que le sorprende en su interior.
XII Domingo del Tiempo Ordinario - Año A
Apuntes de la homilía de don Julián Carrón
21 de junio de 2026
(Primera lectura: Jer 20,10-13; Salmo 68 (69); Segunda lectura: Rom 5,12-15; Evangelio: Mt 10,26-33)